L’Esterel est un massif montagneux volcanique au bord de la mer méditerrané qui fut dévoilée au monde au XIXe siècle avec la construction d’une voie de chemin de fer et d’une route littorales. Ce massif de terre rouge tranche non seulement chromatiquement avec la Méditerranée mais aussi avec son environnement terrestre : c’est sans doute en partie pourquoi il a tant séduit les voyageurs, au premier rang desquels, les artistes. L’exposition propose un déroulé par rapport à ces éléments historiques : l’exploration du massif de l’Esterel par ses aspects géographiques et touristiques, puis esthétiques et enfin humains.
Comme l’exposition, la première partie du catalogue propose de découvrir l’Estérel par les cartes, la photographie — notamment dans ses aspects non touristiques — et les cartes postales.
La deuxième partie de l’exposition et par conséquent du catalogue resserre la focale autour du point de vue qu’adoptent les artistes dans leur représentation du massif et de la multiplicité esthétique qui en découle. Cette richesse — d’une part, des oeuvres qui se découpent entre, au premier plan, la rive et des arbres et, au second plan, la Méditerranée flanquée de rochers rouges ; d’autre part, des oeuvres qui offrent une plongée sur le littoral sans réel point d’accroche au premier plan.
La troisième partie analyse l'intégration de la figure humaine dans les paysages de l’Estérel.
Toutes les œuvres de l’exposition (presque une centaine) seront reproduites accompagnées des textes de la commissaire de l’exposition, de conservateurs du patrimoine et d’historiens de l’art.
La découverte et la connaissance du territoire se concrétise souvent par le biais d’amitiés
que les artistes tissent entre eux. C’est le cas des fauves Albert Marquet, Henri Manguin, Charles
Camoin et Louis Valtat, qui, en gravitant autour d’Henri Matisse et de Paul Signac à Saint-Tropez,
finissent par s’aventurer dans l’Estérel. Des cartes postales manuscrites inédites envoyées par Albert Marquet et Charles Camoin à Henri Manguin depuis l’Estérel seront présentées. En parallèle, plusieurs peintres de la vallée de la Creuse tels qu’Eugène Alluaud, Léon Detroy, Armand Guillaumin, Maurice Eliot, Henri Pailler ou encore Paul Madeline, séjournent tour à tour ou ensemble à Agay. Travaillant à la manufacture de faïences d’art de la famille Massier à Golfe Juan, non loin de l’Estérel, les artistes Delphin Massier et Lucien Lévy-Dhurmer représentent les roches rouges dans leurs œuvres en céramique ou en deux-dimensions. Le parcours de l’exposition s’attachera à distinguer et mettre en lumière ces divers cercles amicaux qui ont contribué à l’éclosion de l’Estérel comme sujet artistique.