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Sous-titre

Stéphane Malka, Le Petit Pari(s) (28 avril 2016)

« Il faut partir à la conquête des toits de Paris »

Stéphane Malka est un Marseillais happé par Paris il y a une vingtaine d’années. Initiateur du « Kamasutra architectural », il s’attèle au sein de son agence à remettre en cause les approches spatiales, le rapport au corps et le concept d’habitation des espaces au sens large du terme. Touche-à-tout, il dessine en ce moment un parc paysager à La Défense, des bureaux sans tables dans le centre de Paris, un showroom où l’on cache ce qu’il y à voir, un hôtel nomade ou des maisons sur l’horizon…

Déjà en 2012, tu avais eu l’idée d’« augmenter » Paris verticalement avec ton projet Neossmann. La capitale ne peut s’en tirer que par le haut ?
Neossmann est un projet manifeste, un coup de pied dans la masse archi-réglementée de l’urbanisme français. Paris vertical oui, mais sur le patrimoine haussmannien bâti : il s’agit d’une extension verticale, un peu à la façon d’une prothèse. Je pense que construire sur l’existant est une vraie réponse à l’étalement urbain. Mais Néossmann n’est pas un coup d’essai : j’ai été lauréat du concours « Paris en 80 quartiers », en 1999, où je proposais déjà des jardins suspendus et des restaurants sur les toits de Paris. Et en 2003, j’ai construit Haut-Nid, un restaurant sur le toit des Galeries Lafayette.

Pourtant, tu expliques que Paris ne doit pas que regarder vers le ciel…
Oui, Paris est protéiforme, il serait dangereux de la tirer seulement vers le haut. Il faut s’attaquer à ses différentes porosités, pas juste la verticale. C’est le cœur du sujet de mon livre le Petit Pari(s) où je propose des constructions alternatives, rapides à mettre en œuvre, économiques et écologiques sous le prisme du Kamasutra architectural : au-dessus donc, mais également en-dessous, par derrière, entre deux, sur les cotés. Bref, de quoi « combler » la Ville lumière…

« Il faut recréer du plaisir, partir à la conquête des toits comme vers un nouvel eldorado »

Aujourd’hui, tu développes un projet qui vise à transformer les toits de Paris. C’est quoi le principe ?
Grâce à la loi ALUR, il est aujourd’hui possible d’augmenter la superficie de son patrimoine immobilier. Dans cette lignée, j’ai développé les Toits du Monde avec une équipe d’ingénieurs, de juristes, de promoteurs, et d’urbanistes spécialistes du sujet. Nous proposons des constructions modulaires qui ont de la gueule, sur mesure et adaptés aux besoins spécifiques de chacun, à des tarifs à 40% inférieurs au prix du marché. Cela reconfigure totalement l’accès aux biens immobiliers tout en impactant la skyline parisienne. Cette mutation est l’occasion pour nous de redéfinir une nouvelle identité architecturale innovante et écologique, au coût très modéré mais qui conserve de hautes attentes qualitatives et énergétiques.

Contrairement aux grandes capitales, Paris est une petite ville délimitée par le périphérique. Malgré l’arrivée prochaine du Grand Paris, penses-tu que la ville en elle-même est condamnée à devenir un îlot intransformable ?
Le périphérique devrait continuer à s’effacer progressivement. La dissolution de cet anneau facilitera la transition sans cette limite physique. Pour autant, l’étalement proposé dans le Grand Paris ne va qu’accentuer les problématiques des porosités, des friches urbaines et des espaces délaissés. Ces lieux sont les derniers bastions du romantisme contemporain : cela nécessite beaucoup de délicatesse pour les transformer sans que l’âme des lieux ne se perde – c’est aussi pour ça que la tabula rasa est proscrite ! La révolution de la petite échelle, l’installation de micro-architectures qui s’installent dans les aspérités de la ville transformerait Paris sans la dénaturer.

Que manque-t-il le plus à Paris en termes d’urbanisme ?
Paris manque de surprise ! On entend parler de vivre-ensemble et de mixité, mais sur le terrain, c’est tout le contraire. Il faut recréer du plaisir, partir à la conquête des toits comme vers un nouvel eldorado, avec du logement bien sûr, mais aussi des jardins suspendus, des équipements, des théâtres, des rades, des ateliers et des playgrounds, et même des boîtes de nuit ! Il faut redéfinir l’espace public comme le négatif de l’espace privé, ce qui permettrait d’élargir l’univers des possibles en termes de relecture urbaine.

Raphaël TURCAT

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