Éditions courtes et longues
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Notes bibliographiques

Isabelle Simler, Cette nuit-là au musée (avril 2016)

La journée se termine, le musée ferme, plus rien ne bouge, tout s’endort. Enfin, presque ! Sans doute est-ce vrai des fossiles, lys de mer, trilobites ou chitons, pétrifiés à leur étage ; ou même des coléoptères, goliaths et longicornes dont les élytres mordorés conservent l’éclat du jour. Mais, chez les papillons, le Citron de Provence, en a décidé autrement : d’un battement d’aile, il quitte les lieux, bientôt rejoint dans sa fringale de liberté par une nuée de nymphalides, queues d’hirondelles ou sphinx. Du côté des grands mammifères, girafes et bœufs musqués, c’est la surprise, comme chez les oiseaux empaillés, l’aigrette titillée par le frôlement silencieux des fugueurs. Alors tout le monde s’y met, on fait la fête : les azurites, les améthystes brillent de tous leurs feux sur le passage d’un étonnant défilé qui, hors les murs, va s’enivrer de la nuit jusqu’aux premières lueurs de l’aube. Puis, comme chacun sait...

On ne saura jamais s’il en est ainsi chaque nuit, mais cette fête-ci, Isabelle Simler l’a merveilleusement mise en scène dans un album à l’italienne propice à une longue promenade baroque entre Saône et Rhône. L’artiste ne rejoue pas La nuit au musée ; elle improvise sur ce thème une visite originale du musée des Confluences de Lyon. Belle idée que d’investir les lieux dans la nuit propice aux fantasmagories avec, comme fil rouge, la tâche bouton d’or du Citron de Provence. Il suffit d’une aile de papillon... pour animer l’ensemble des collections, objets compris. Très peu de texte, juste de quoi signaler les étapes du parcours. L’architecture bénéficie de cadrages audacieux : ils soulignent de traits de plume énergiques son élégante géométrie en créant des perspectives étranges. Toutes espèces confondues, les pensionnaires du lieu y dansent pour eux seuls d’étonnantes chorégraphies en doubles pages, sous la lumière bleue de la nuit.

Pour autant la dimension documentaire de l’album ne disparaît pas : le dessin est précis, chaque spécimen légendé, la richesse des collections astucieusement mise en évidence et auréolée de sa nomenclature poétique. Le Lori flamméché côtoie le Cotinga Pompadour ; le Camarasaurus étire ses cinq syllabes sur quatorze mètres de vertèbres. Dans le département des objets, le téléphone Pasquet et le téléphone Marty en disent plus que nos anonymes smartphones.

L’album a la saveur particulière des encyclopédies. En bousculant la rigueur muséographique d’une présentation académique, cette invitation au musée est une réussite.

Points forts

  • Un album de musée qui évite les travers du docufiction.
  • Une œuvre d’art à part entière qui associe rigueur de l’observation et poésie du regard.

Entretien avec Isabelle Simler

Comment a pris forme la collaboration de Courtes et Longues avec le musée des Confluences ?

Nous avons répondu, mon éditeur et moi, à un appel d’offres lancé par le musée des Confluences. Le cahier des charges laissait une grande liberté, la seule consigne étant de réaliser un album jeunesse dont l’action se déroulerait au sein du musée ; nous avions déjà travaillé pour ce musée en réalisant un cahier d’activités à destination des enfants, en lien avec leur toute première exposition : La chambre des merveilles. À ce moment-là, j’avais eu la chance de visiter les réserves du musée et le site des Confluences en plein chantier ! J’ai redécouvert le musée lors de son ouverture et y suis revenue après avoir été choisie pour réaliser l’album. Cette fois-ci, en ayant le privilège de m’y promener seule, en dehors des heures d’ouverture, pour m’imprégner des lieux. J’ai pris à ce moment-là des photos et réalisé des croquis ; j’ai eu aussi à ma disposition une importante documentation sur le contenu des collections.

Comment est né Cette nuit-là ?

J’ai eu envie, comme je le fais pour mes propres albums, de mêler documentaire et fiction. L’idée de montrer l’envers du décor m’est venue très naturellement. Les collections sont tellement riches, l’architecture et le site si porteurs... Toute la matière étant là, il ne m’est pas apparu nécessaire d’ajouter quoi que ce soit. J’ai eu envie plutôt d’amener du mouvement et de semer un peu de confusion dans cette savante classification. Faire déborder cette profusion d’objets dans les coursives et les grands vides de l’architecture. J’ai très vite trouvé mon personnage principal dans l’extraordinaire collection de papillons que détient le musée. Idéal pour entamer la danse ! Certains personnages secondaires, emblématiques, se sont imposés, eux aussi, comme le Camarasaurus, le mammouth, la girafe et le dodo. Pour le reste, je me suis laissée porter par les lignes de force de l’architecture et leur lien avec l’environnement. Une fois prises ces options, de l’observation à la rêverie il n’y a souvent qu’un pas, aisé à franchir.

Entretien réalisé par Claudine Bergeron.

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