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Lyon Capitale

Hélène Romano / Adolie Day, Après l’orage (15 juillet 2016)

Les Cellules d’Urgence Médico-Psychologiques (CUMP), rattachées au SAMU, sont intervenues à Nice pour prendre en charge les civils pour des soins psychologiques d’urgence. Docteure en psychopathologie, la Lyonnaise Hélène Romano explique que les traumatismes liés à des scènes de mort peuvent se surmonter, mais que les effectifs de spécialistes restent insuffisants en France.

Le fait d’avoir été exposé à la mort ou d’avoir perdu un proche dans un contexte où l’on a failli soi-même mourir provoque des traumatismes psychologiques. Le plus lourd au niveau des séquelles sont les symptômes de reviviscence. « À tout moment, la personne peut revivre la scène d’horreur. Il y a des flashs, des images, des odeurs… » explique Hélène Romano*, docteure en psychopathologie. Pour elle, « il est important d’expliquer à ces personnes qu’elles ne vont pas être handicapées à vie par ces troubles-là, que cela se prend en charge. Il est aussi important de préciser que nous ne sommes pas tous à égalité là-dessus ». Hier soir à Nice, ce sont les Cellules d’Urgence Médico-Psychologiques (CUMP) qui interviennent : un dispositif public de prise en charge. Sur le terrain, il s’agit avant tout d’éviter le risque de survictimisation : faire en sorte que les personnes présentes sur les lieux ne restent pas près des corps. Par la suite, ces cellules mènent un travail extrêmement long pour identifier les personnes qui peuvent avoir besoin de soins. « C’est extrêmement compliqué, car on a pas tout de suite l’identité des victimes, on ne sait pas où sont les personnes qui ont vécu la scène, ni qui sont les gens qui ont leurs proches en vacances à Nice ». Dans les jours qui viennent, ces cellules de spécialistes vont accompagner les proches des victimes. « Il faut être présent avec eux, leur faire voir les corps ou les décrire un peu si c’est possible avant de les y emmener ». À chaque fois, l’accompagnement est adapté en fonction de chacun et chaque situation.

Les CUMP, un dispositif public en déficit de moyen ?

Le CUMP est un dispositif national avec des antennes régionales et départementales. L’année dernière, Hélène Romano alertait sur le manque de moyens de ces cellules d’urgence : « elles sont totalement asphyxiées. Dans le contexte actuel, il y a évidemment les moyens militaires et policiers, mais peu de moyens en psychologie d’urgence. C’est assez dramatique ». Un déficit de moyens cristallisé par la suite par le manque de spécialiste de tels syndrômes post-traumatiques : « passée l’urgence, il y a peu de psy très spécialisés là-dessus. À Paris, il commence à y avoir les dérives sectaires qu’on peut connaître, avec des personnes qui revendiquent être spécialiste de ces traumatismes mais qui ne le sont pas vraiment » poursuit-elle.

L’impact des images : impuissance et traumatisme secondaire

« Après un attentat, le fait de regarder les images la télévision met dans un état d’impuissance terrible », fait remarquer la spécialiste. Dès l’affaire Merah à Toulouse en 2012, Hélène Romano avait noté l’impact des images violentes sur le cerveau, en particulier lorsque l’individu ne peut que être passif devant la réalité de son écran. « Quand on est sur le site, on a l’idée qu’on peut faire quelque chose, même si ce n’est pas grand chose. Quand on est derrière son écran, la seule chose qu’on peut et qu’on devrait faire une fois qu’on a les informations, c’est éteindre sa télé. On a eu des traumatismes secondaires avec des gens véritablement choqués par les images, qui faisait avec des cauchemars, etc. » Selon elle, les contextes de guerre ont toujours été surmonté, mais ils rappellent que la mort fait partie de la vie, une donnée « insécurisante » pour la plupart. « Dans une guerre, il y a un début et une fin. On sait qu’on peut s’en sortir et continuer de vivre, qu’il le faut. C’est très important de croire en la vie, mais d’être aussi plus vigilant, plus attentif. En cas de traumatisme, ce sont les valeurs fondamentales de la vie qu’on doit remettre en action dans notre mode de fonctionnement, c’est ça qui nous permet d’avancer ».

*Hélène Romano, docteure en psychopathologie spécialisée en psychotraumatisme, était mobilisée avec les proches et les familles des victimes des attentats de Paris. En mai dernier, elle publie un livre sur la manière d’aborder les attentats avec les enfants : « Après l’orage ».

L’article en ligne : ici.

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