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Liberté Hebdo

Perceval ou le Conte du Graal (14 mars 2014)

Un regard neuf sur « Perceval »

Séparés de huit siècles, le « Perceval » de Chrétien de Troyes et les illustrations de Francesco Barbieri s’unissent en un livre-objet prestigieux, tel un lutrin.
« PERCEVAL OU LE CONTE DU GRAAL » est paru vers 1180, près d’un siècle après « La Chanson de Roland ». La littérature en langue française naît et s’épanouit dans un contexte économique et culturel favorable (développement des villes et troubadours). Il appartient à la matière de Bretagne qui narre les aventures du roi Arthur et des Chevaliers de la Table Ronde.
Le succès de la mythologie arthurienne auprès du public est lié aux nombreux films (Camelot, Lancelot du Lac, Excalibur, Parsifal, Perceval le Gallois), romans (de Tolkien et Gracq), bandes dessinées, séries télévisées et dernièrement exposition à la Bibliothèque nationale de France. Perceval veut ressembler aux êtres revêtus d’armes éclatantes de lumières.
Elevé par sa mère à l’écart du monde, ignorant les codes de sociabilité, le jouvenceau est d’une naïveté effarante, d’un cynisme involontaire et
accumule bévues et catastrophes (il maltraite la demoiselle à la tente). Il va connaître une triple initiation (chevaleresque, amoureuse et spirituelle), sortir de son égocentrisme et devenir mature : passage de l’errance à la connaissance, des rêves de grandeur et d’imitation de modèles à la conquête de soi et à l’attention à autrui.
Son itinéraire spirituel le conduit d’un dieu de puissance et de gloire à un dieu, être humain. Le « Graal » qui lui apparaît d’abord est un plat pour poissons et non un calice, la dimension chrétienne apparaît après les années d’errance et d’exploits : un ermite le présente comme un ciboire.

D’encre et de couleurs

Les Editions courtes et longues nous proposent un « Perceval » au format inaccoutumé. C’est un livre-objet illustré qui comporte un mécanisme qui lui permet d’être lu comme s’il était placé sur un lutrin. Il s’apparente à un retable, un polyptyque muni de deux volets de vingt-six pages chacun qui s’ouvrent et se rabattent. Dans le volet droit, les pages se tournent de droite à gauche, signe d’un retour sur soi qui épouse le parcours de Perceval qui reconnaît les erreurs qu’il a commises sans rien comprendre, se rachète auprès de la demoiselle à la tente et gagne en conscience. Ayant semé dans une terre sans valeur, il ne pouvait que récolter peu.
Ce « Perceval-livre-objet » est né du dialogue de deux modes d’expression qui, en gardant chacun leur indépendance, sont amenés à entretenir un compagnonnage propice aux ensemencements les plus féconds. Les « illustrations » de Francesco Barbieri (déjà impliqué dans des ouvrages sur la poésie populaire et un « Kafka ») rejoignent le texte de Chrétien de Troyes dans son cheminement pour en extraire au passage, comme en excès, son dire. Dispositifs de révélation du texte, signes tangibles de sa présence, ces images d’une matière picturale allégée et raffinée, à la délicatesse diaphane, fonctionnent comme un espace de projection à la fois vivant et fantasmatique.
Même si huit siècles le séparent du conte, Francesco Barbieri ne pouvait manquer cet te rencontre. Son ouvrage nous rappelle le murmure de la poésie, une des parts essentiellesde la vie et fournit des repères à l’imagination de nos itinéraires exploratoires. Ainsi ce chevalier « vide », sans corps, ni membres et tête, chevauchant un destrier composé de couvertures grises et chiffonnées, harnais et rênes détachés, lance abandonnée, doit se construire et passer de l’ombre (celle, inversée, qui tient fermement la lance) à la lumière. Et cette image d’un éperon dont la forme épouse le contour d’une Vierge à l’enfant (Perceval et sa mère ?) et qui est doté d’une étoile à huit branches, celle qui a guidé les Rois Mages vers Bethléem.
Au thème de la Nativité se greffe celui du devenir : une autre illustration montre un loup guettant le jeune héros dont le
« double » est un adolescent d’aujourd’hui. Toutes ces visions éblouies (à décrypter) mettent en place une géographie concrète, sensible et poétique de nos rapports au monde et un parcours initiatique au bout duquel tout homme peut devenir son maître d’oeuvre lucide et réfléchi.
Ce texte du Moyen Age, toujours à (re)découvrir, est un véritable
viatique pour débusquer la lumière sous les brillances factices et pour
traverser nos temps incertains, de réel plombé et de détresse. Poème et images s’adoubent mutuellement et nous aident à trouver une voie d’humanité, à interroger nos blessures intimes, nos inquiétudes et nos espérances.

Les Editions courtes et longues peuvent s’enorgueillir d’avoir donné naissance à un ouvrage prestigieux qui ne rivalise pas, question prix, avec les livres d’artistes, exemplaires uniques réservés aux initiés,
mais qui s’en approche en qualité de composition et d’impression.

Alphonse Cugier

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