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Libération

23 FÉVRIER 2007


Martine Bedin, des vases de ville en ville

C’est comme si, pendant des années, d’Ostie à Cracovie en passant par El-Had, Martine Bedin avait ramassé des cailloux de céramique, des petits cubes de marbre, des bâtonnets de laiton. Et qu’après sédimentation de ses trouvailles, elle avait construit dix-sept vases blancs, inspirés de ses voyage dans dix-sept villes. D’où « Città », le titre de l’exposition présentée au musé des Arts décoratifs. L’ensemble dresse une minicité idéale de petites architectures, on pourrait penser à la petite ville de Pianza, en Toscane. On y retrouve les réminiscences de la designer. Coupoles inversées, évocation de claustras, citation d’un mur, jeu avec des tuiles, tous ces éléments constructifs étant au service d’un changement très troublant d’échelle Chaque pièce est éloignée de la typologie classique du vase
Discrète. Martine Bedin revient sur le devant de la scène design avec des objets, elle qui avait plutôt privilégié ces dernières années la recherche discrète sur le mobilier unique et le décor. Ici, avec ces vases, c’est la structure qui crée le décor, pas le motif. Hampi (2006, ci-contre) ressemble à un immeuble de laiton nickelé, Carrara se présente comme une tour dodue en marbre.

D’autres objets de même inspiration (étagère, lampe et siège) complètent son paysage de natures mortes vivantes, pièces limitées précieuses fabriquées par des artisans italiens. On y reconnaît évidemment certains codes du mouvement italien Memphis.

Maestros. Née en 1957 à Bordeaux, Martine Bedin n’est pas une inconnue — pour la jeune génération, peut-être — mais une des figures marquantes des années 80. Très jeune, après des études d’architecture à Florence, elle s’engage à Memphis en 1981. Elle y signe le luminaire Madison Lamp (1981) et la console Lodge (1982). Pas étonnant que deux maestros fondateurs de cette famille internationale tonitruante, qui a su remettre en cause la logique industrielle et commerciale du design, lui servent de parrains dans le catalogue. Le designer Ettore Sottsass écrit : « L’espace dans lequel Martine se déplace est un endroit solitaire, un endroit incertain, glissant et compliqué. C’est l’endroit où Martine cherche à dessiner le « dessin » même. » Michele de Lucchi poursuit : « Martine utilise uniquement la proportion comme instrument d’invention. La disproportion plutôt, car c’est un levier encore plus extraordinaire pour dénoncer la banalité et le conformisme. »

Dialogue. Mais cette chercheuse n’est pas une designer en chambre. Elle sait à fois être enseignante à l’école Camondo jusqu’en 1990, membre des ateliers de Nîmes avec Jean Nouvel et Philippe Starck de 1985 à 1989, s’exposer à Milan à la galerie Post Design ou à Bordeaux pour sa « Prova d’Autore » en 2003 ; et créer, en 2006, l’Observatoire de l’objet. A la galerie Gastou, on peut voir dialoguer d’autres de ses vases, noirs et blancs, avec les pièces de mobilier de Piotr Sierakowski, son mari. Martine Bedin cherche toujours, travaille entre la France et l’Italie. « En découvrant ces vases, formule l’écrivain Claude Eveno, j’ai pensé au cinéma de Visconti, et particulièrement au Guépard, aux décors si justes qui marquent le souvenir d’un monde plein de choses. »
ANNE-MARIE FÈVRE

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