Éditions courtes et longues
Aucun bien dans le panier
DÉCOUVREZ L’HISTOIRE ET LES AUTEURS DE LA MAISON !!!

Si vous souhaitez en savoir plus sur les Éditions courtes et longues, téléchargez le dossier de presse réalisé pour les 10 ans de la maison !

NOUVEAU CATALOGUE ! ///////////////////////////

Vous pouvez télécharger ici la plaquette pédagogique pour utiliser en classe « Créer avec… » et « Toutes mes histoires de l’art ». En partenariat avec les libraires.

Le panda lecteur, Jérémy Barraud

Marie-France Chevron, Mathilde Magnan, Le héron et l’escargot : une fable (12 mars 2015)

C’est l’histoire d’un escargot qui voulait voler,
C’est l’histoire d’un héron qui voulait manger...
Ce joyeux fabliau présente ces compères,
Leur quête et leur folie,
Leurs rêves et leur prix,
Et comment, le verbe haut, ils s’en arrangèrent,
Trouvant un compromis... sur les rives d’un ruisseau.

Enfin j’ai pu mettre la main sur LE album qu’il me manquait de ce merveilleux duo ! Evidemment ma librairie-fétiche l’avait, mais il était caché un petit peu... Alors oui, je m’étais promis de ne pas craquer ce mois-ci, restrictions budgétaires obligent, mais bon, quand j’ai vu cet album, il me semblait impossible de ne pas ressortir de la librairie sans l’avoir sous le bras ; et puis bon, pour une fois je ne suis pas reparti avec la moitié de la librairie dans des sacs pleins à craquer. J’ai su rester correct, et en plus de ça la cause était noble. Après m’être totalement justifié, il est temps de passer aux choses sérieuses.
Le Héron et l’Escargot est le premier album co-réalisé par Marie-France Chevron et Mathilde Magnan, début d’une collaboration, on l’a déjà vu avec
Gipsy et Fadoli, absolument magnifique. L’histoire est celle d’un escargot qui, sur le point de se faire manger par un héron, demande une dernière volonté, que ce dernier exécute. S’en suit alors une balade aérienne durant laquelle le gastéropode découvre pour la première et dernière fois de sa vie des sensations qu’il n’avait jamais connues.
Ce qui est intéressant à voir, par rapport à l’écriture, c’est que l’auteure d’un album à un autre change volontiers la forme. Ici, Marie-France Chevron s’est vraisemblablement inspiré des fables de La Fontaine. D’ailleurs, le sous-titre nous l’indique : c’est "une fable". Comme chez l’auteur du XVIIème siècle, que nous avons tant chéri durant notre
jeunesse et que nous avons laissé labouré le cerveau hein que vous aimez qu’on vous rabâche encore et toujours Le lièvre et la tortu(r)e ? Hein ? Hein ? Avouez !, l’auteure emploie des animaux pour nous donner un semblant de leçon de vie (ne partez pas en courant, on est loin du manichéisme de La Fontaine) : j’ai trouvé la chute assez fataliste, parce qu’elle nous dit, en gros, "t’auras beau essayer de te dégager de ta condition mon coco, quand il est prévu que tu te fasses bouffer, tu te fais bouffer". Une fable n’est pas nécessairement versifiée ; l’auteure l’a fait ici. J’ai déjà parlé de la musicalité de sa plume, et de son travail sur les sons qui se prête totalement à la forme, du coup. On a droit à quelques anaphores (quand un même mot ou groupe de mots garde la même place dans un vers, ce d’un vers à l’autre), nous confortant ainsi dans l’idée que nous sommes vraiment dans un poème par des effets de rythmes et de sonorités.

Les illustrations de Mathilde Magnan sont également toujours un régal pour les yeux : le réalisme des protagonistes est bluffant, et ce au détail près. J’ose également penser que l’illustratrice a été nourrie (et se nourrit encore) aux dessins de Gotlib, puisque la grenouille-narratrice y va de son petit commentaire sur les pages. Un exemple, pris au hasard : on voit sur une page le héron marcher dans la mare ; une première grenouille la montre du doigt en hurlant "Tapon ! Tapon !", ce à quoi la grenouille-narratrice répond "Héron ! Héron petit, pas tapon !". Voilà, c’est pas grand chose mais moi ça me fait rire, et j’ai tout de suite pensé à la souris et la coccinelle de Marcel Gotlib. Il est aussi marrant de constater que le texte se retrouve dans le long parchemin que lit la grenouille-narratrice, qui devient le double de l’auteure, finalement. Quid de l’illustratrice ? S’est-elle, elle aussi, représentée sous la forme d’un animal ? Et si oui, lequel ?

Conclusion : Le Héron et l’Escargot est beau, très humoristique. Assez fataliste, il ne me semble pas être une ode au voyage ou à la rêverie comme peuvent l’être Gipsy et Fadoli, qui sont davantage poétiques et un peu plus sérieux ; mais ce n’est pas mon préféré malgré tout. Gipsy reste pour moi le meilleur. Cela dit, il y a déjà dans cet album tous les ingrédients qui font que Marie-France Chevron et Mathilde Magnan figurent parmi mes préférées.

© ÉDITIONS COURTES & LONGUES   |   Contact   |   Points de vente   |   Conditions générales de vente
Site réalisé par Mosquito et Paris-Beyrouth, Horaires cinémas, Lebanese fashion.