Éditions courtes et longues
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Le Panda lecteur

Marie-France Chevron, Mathilde Magnan, Gipsy (12 août 2014)

J’avais parlé une première fois de Marie-France Chevron par rapport à Mee, petite fille du matin calme. Album sur lequel avait collaboré mon altiste préférée aux illustrations. Nous retrouvons donc l’auteure en compagnie de Mathilde Magnan sur une invitation au voyage.

Gipsy est une petite pie tombée du nid, recueillie par Manu. Le jeune garçon et sa famille vivent dans une roulotte : ce sont des gens du voyage. D’ailleurs, gipsy est un adjectif anglais qui induit l’idée de voyage, de nomade. Et plus que l’idée du voyage, l’album prône une certaine liberté de mouvement. Ce n’est sans doute pas pour rien que Gipsy est un oiseau ! Oiseau qui n’a pas de point fixe, car n’ayant pas de nid à proprement parler, si ce n’est la roulotte, ce qui lui confère une très grande liberté, plus grande encore que celle des autres oiseaux qui ont leurs nids, leurs repères et leurs limites. Et Gipsy s’y plaît, elle aime se réveiller chaque matin dans un endroit différent, et s’est parfaitement intégrée à la famille des gens du voyage. Ces derniers induisent d’ailleurs une idée d’exotisme dans l’imaginaire collectif : par leurs couleurs chatoyantes, leur musique et le fait qu’eux non plus n’ont pas de réel point fixe : ils viennent d’un ailleurs que nous autres sédentaires ne pouvons atteindre si ce n’est, encore une fois, par leur culture.
Bon, la pie n’est pas l’oiseau le plus amical qui soit, de manière générale. Pour en avoir régulièrement dans mon jardin, ce bel oiseau blanc et noir n’a peur de rien, et n’hésite pas à être agressif, même envers les chats ou les chiens, et souffre de plusieurs préjugés, comme voler tout ce qui brille. D’ailleurs, Gipsy le dit à un moment :

« Les autres oiseaux gardent leur trésor dans leur nid. [...] Ils pensent que je suis une voleuse. On finit par avoir une sale réputation, nous les pies... »

C’est amusant (façon de parler) de constater à quel point les gens du voyage souffre des mêmes préjugés. Visiblement, rien n’est laissé au hasard et les mots sont choisis justement.
Pour défendre sa liberté, la pie fait preuve d’une philosophie que je trouve vraiment très bien :
« Je n’emporte rien avec moi que mes rêves et mes souvenirs. Je me nourris de ce que je trouve sur le chemin. Je me nourris aussi de la liberté d’aller et venir où bon me semble. On n’a pas besoin de plus pour vivre bien. »

Les illustrations quant à elles sont très douces, j’aime beaucoup les textures. J’aime surtout l’énorme clin d’oeil que se font l’auteure et l’illustratrice à un moment donné lorsqu’on voit la famille de Manu à l’intérieur de la roulotte. La mère lit à sa fille Le Héron et l’Escargot, un autre album de Marie-France Chevron et de Mathilde Magnan ! Discret, mais en même temps bien placé pour qu’on puisse voir la couverture... Bien joué ! Pour en revenir aux textures, c’est au détail près ! les plumes des oiseaux, l’écorce des arbres, les pétales fripés des coquelicots. Le coup de crayon de Mathilde Magnan est vraiment extraordinaire, très réaliste, y compris dans le vol des oiseaux (il y a une double-page où l’on voit trois oiseaux battre des ailes).
Au final, nous avons là un très bel album, une ode au voyage totalement réussie, un véritable coup de coeur, par la douceur du texte mêlée au réalisme bluffant des illustrations. Pour finir de vous convaincre de voyager et d’abandonner la vie sédentaire, j’aimerais vous faire écouter le troisième mouvement de la Sonate Arpeggione de Schubert. Ce compositeur a toujours eu le voyage dans le sang, il suffit d’écouter son oeuvre pour s’en rendre compte, mais cette sonate est particulière, et le troisième mouvement l’est encore plus, de par son exotisme et sa tonalité. Les deux interprètes ne sont pas moins connus puisqu’il s’agit du compositeur et pianiste Benjamin Britten, et du violoncelliste Mstislav Rostropovitch :

https://www.youtube.com/watch?v=VyOUTSy1I4Q

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