Éditions courtes et longues
Aucun bien dans le panier
DÉCOUVREZ L’HISTOIRE ET LES AUTEURS DE LA MAISON !!!

Si vous souhaitez en savoir plus sur les Éditions courtes et longues, téléchargez le dossier de presse réalisé pour les 10 ans de la maison !

NOUVEAU CATALOGUE ! ///////////////////////////

Vous pouvez télécharger ici la plaquette pédagogique pour utiliser en classe « Créer avec… » et « Toutes mes histoires de l’art ». En partenariat avec les libraires.

Le Lapin blanc, « Quelques questions à Gaia Guarino (Louise de New York la détective & Marcelle Potoffeu) »

Gaia Guarino (5 juillet 2015)

Les Éditions courtes et longues, vous connaissez ? Cette maison publie depuis 2006 ce qu’on a coutume d’appeler des beaux livres, pour petits et grands. Vous avez peut-être déjà croisé les très beaux Plume et Heure bleue d’Isabelle Simler, ou encore De ma fenêtre de Loren Capelli, qui faisait partie des nominés pour la Pépite 2014 du Salon de Montreuil… Il y a quelques semaines, j’ai eu la chance de recevoir dans ma boîte à lettres deux albums courts et longs que je ne connaissais pas, illustrés par Gaia Guarino… Quelle belle découverte ! Je vous raconte ?

Souvenez-vous, en 2014, le Prix 1er Album des libraires sorcières était décerné à Gaia Guarino, une jeune illustratrice italienne qui avait collaboré avec Jean Poderos et les Éditions courtes et longues pour sa toute première publication : Louise de New York, la détective. Il faut dire que Gaia Guarino avait réussi à mettre en valeur la très bonne idée de l’auteur ! Le principe de l’album repose en effet sur un quiproquo : on nous raconte l’histoire de Louise, qui apparaît en image sous les traits d’une vieille dame solitaire, s’amusant à démêler les petites intrigues de son quartier… (Attention, je vais vous dévoiler la chute mais, promis, c’est pour la bonne cause.) À la fin, le lecteur découvre avec surprise que Louise n’était en fait qu’une petite fille déguisée en vieille dame, s’inventant des histoires devant son miroir…

Le texte était donc déjà une belle réussite : il laisse des indices au lecteur, tout en ayant soin de ne lui apporter la clé qu’à la toute fin du livre… Mais les images de Gaia Guarino y sont pour beaucoup dans la réussite de l’album : l’influence évidente du cinéma (l’illustratrice est aussi scénariste) et les nombreux détails attirent suffisamment l’attention du lecteur pour qu’il se laisse prendre au piège.

Vous avez vu ? Un plan en plongée, tellement bien ordonné qu’on ne s’étonnerait pas de le retrouver dans un film de Wes Anderson, des contrastes et des motifs à gogo. Tout est fait pour nous faire oublier les indices affichés par le texte : les « Louiiiiiise ! » que pousse la maman de la petite fille depuis le rez-de-chaussée. (Pour avoir une meilleure idée de l’ambiance du livre, je vous invite à visionner cette animation réalisée par Candice Orquin et Coralie Minuty.)

En 2014, Jean Poderos et Gaia Guarino ont permis à Louise de vivre une nouvelle aventure dans Louise de New York, l’actrichanteuse. Le principe du quiproquo est repris, mais d’une façon un peu différente… Cette fois-ci, je ne vous en dis pas plus. Je vous laisse la surprise de la fin !

En revanche, je tiens absolument à vous parler de Marcelle Potoffeu, une histoire de Yann Walcker, toujours illustrée par Gaia Guarino. Marcelle Potoffeu est concierge dans un immeuble parisien, mais elle a un vilain défaut : elle est tellement curieuse qu’à force de se délecter des petits secrets des uns et des autres, elle est proche de l’explosion… À la lecture, les enfants sont unanimes ! Ils s’étonnent, rient, s’arrêtent sur les petits détails présents dans les images (pour ça, le grand format aide beaucoup). De mon côté, j’apprécie tout particulièrement l’emploi d’un vocabulaire qui ne prend pas les enfants pour des imbéciles, et surtout, la petite pointe d’humour noir qui tombe à pic pour ravir les plus grands… Comme dans ses deux premiers livres, Gaia Guarino a réservé une place d’honneur au plan cinématographique et aux motifs : il y en a du sol au plafond, dans le moindre petit objet, dans le plus petit coin de papier. De quoi combler vos mirettes de longues heures durant ! Vous l’aurez compris, j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir le travail de cette illustratrice. J’ai même entrepris de me replonger dans mes souvenirs d’italien pour aller lui poser quelques questions… L’interview est juste en dessous, j’espère qu’elle vous plaira !

Quelques questions à… Gaia Guarino

Cap ou pas cap de nous résumer votre parcours en quelques mots ?
Cap ! Déjà, il faut savoir que mon parcours étudiant a été ponctué de divers travaux en graphisme, illustration, scénographie ou animation vidéo… Je suis diplômée de l’Académie de Naples en scénographie et graphisme éditoriaux, mais j’ai aussi fréquenté l’École Internationale de Comics de Rome. Certains de mes cours m’ont particulièrement marquée, comme celui de l’illustrateur tchèque Jindra Capek, ou encore celui d’une illustratrice jeunesse qui nous formait aux techniques de l’aquarelle. C’était à Rome, et c’est à partir de ce moment là que toute mon attention s’est portée vers le monde de la littérature de jeunesse…

Et aujourd’hui, quand vous recevez un texte, quelle est la première chose que vous faites ?
Dès la première lecture, un storyboard commence à s’échafauder dans ma tête. Souvent, je fais deux copies du texte : une pour chez moi, et l’autre que je glisse dans mon sac pour l’avoir toujours avec moi ! En fait, à partir du moment où le texte est entre mes mains, je suis comme une amoureuse transie qui vient de recevoir une lettre de son bien-aimé : j’y pense tout le temps ! Ensuite, une fois que j’ai défini les différentes scènes, je commence véritablement la recherche des images. Je procède un peu comme pour un inventaire : si je veux dessiner un tourne-disque par exemple, je cherche différents modèles pour ensuite pouvoir choisir celui qui me plaît le plus et qui convient le mieux à l’ambiance du texte…

Et en pratique, comment travaillez-vous ?
Je commence par dessiner à la main, avec un simple crayon de bois. Ensuite, je scanne mes dessins pour les retravailler numériquement, avec un logiciel. C’est comme ça que j’intègre les couleurs et les motifs. Parmi ces motifs, j’aime bien en réaliser quelques-uns (toujours avec un logiciel). Les autres, je les cherche tout simplement sur le web, et je les retravaille pour obtenir la meilleure qualité possible une fois le dessin imprimé.

C’est vrai que dans vos livres, on ne peut pas passer à côté de la diversité des motifs qui peuplent les pages. On vous imagine presque, chez vous, perchée sur des montagnes de papiers peints… Avez-vous une idée de ce qui vous pousse à les multiplier de cette façon ?
Des motifs, j’en vois absolument partout ! Dans les objets qui m’entourent, sur un pavage, entre les tuiles d’un toit… Ils remplissent l’espace avec ironie et simplicité. Ça m’amuse beaucoup ! Un simple quadrillage, rempli de deux couleurs, donne du caractère à la plus banale des surfaces. Et si vous mettez côte à côte deux motifs différents, votre pièce ou votre personnage gagnera en personnalité… Avec les motifs, c’est comme si tout prenait vie, comme si tout était là depuis toujours, comme si tout était vrai.

Vous avez dit que la première lecture était importante pour vous. Qu’avez-vous pensé des textes de Jean Poderos et Yann Walcker lorsque vous les avez découverts ?
Les deux m’ont beaucoup amusée ! Dans le texte de Jean, je me suis revue enfant, alors que j’ai tout de suite aimé l’ironie et l’intelligence de celui de Yann. Tout au long du travail d’illustration, leur collaboration a été précieuse. Au début, nous étions trois inconnus, mais nous nous sommes trouvés. D’ailleurs, ça a été pour moi une immense satisfaction que de savoir que le résultat était à la hauteur de leurs espérances !

Au-delà des textes, où une illustratrice italienne puise-t-elle son inspiration ?
J’aime beaucoup le travail d’Emanuele Luzzati. En Italie, il est un peu le père de l’illustration. Il est mort il y a quelques années mais il est encore très célèbre aujourd’hui. Il faut dire qu’il avait une façon incroyable d’utiliser l’aquarelle et les motifs ! Je suis aussi une grande amoureuse des bandes dessinées dans la veine de Valentina de Guido Crepax… Je ne sais pas si ces artistes m’inspirent, mais leurs travaux sont ceux qui me restent le plus en mémoire.

Vous nous parlez de vos prochains projets ?
Depuis toujours, mon grand projet, c’est de venir vivre en France ! Pour le moment, je travaille pour la France depuis l’Italie. Peut-être que si je vivais en France, je travaillerais pour l’Italie… Mais pour le moment, j’attends un nouveau texte et je prépare mon book en prévision du prochain Salon du Livre Jeunesse de Montreuil, là où tout a commencé…

Un immense merci à Gaia Guarino et aux Éditions courtes et longues ! :)

Si vous avez envie de connaitre encore mieux le travail de l’illustratrice, je vous invite à visiter son blog, et à lire cette interview parue à la même époque que son second album.

Jean Poderos, Louise de New York, la détective, 2013
Jean Poderos, Louise de New York, l’actrichanteuse, 2014
Yann Walcker, Marcelle Potoffeu, 2015
tous illustrés par Gaia Guarino et parus aux Éditions courtes et longues

Lire l’article sur le blog de Suivez le lapin blanc.

© ÉDITIONS COURTES & LONGUES   |   Contact   |   Points de vente   |   Conditions générales de vente
Site réalisé par Mosquito et Paris-Beyrouth, Horaires cinémas, Lebanese fashion.