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LCI

Hélène Romano / Adolie Day (17 juillet 2016)

Ils étaient environ 30.000 sur la Promenade des Anglais le soir du drame. Jeudi soir, le camion de 19 tonnes conduit par Mohamed Louhaiej-Bouhlel a entraîné la mort de 84 personnes lors des festivités du 14-Juillet. Pour les survivants et les témoins, le choc est souvent difficile à vivre les jours qui suivent l’horreur. Les conséquences et troubles psychiques, eux, sont néanmoins plus ou moins forts selon l’individu.

Un sentiment de culpabilité très courant
« Il n’y a pas de comportement type mais le sentiment de culpabilité est très fréquent, explique Hélène Romano, docteur en psychopathologie. Cela est dû au fait que ces personnes veulent donner du sens à ce qu’il s’est passé, elles veulent lutter contre l’arbitraire afin de s’assurer que cela ne se reproduise pas, poursuit-elle. C’est une protection psychique. »

Dans ce contexte-là, le suivi psychologique est primordial. « Quand une personne traumatisée se sent coupable, on ne lui dit pas ’non, ce n’est pas de ta faute’ car cela revient à dire que ce qu’elle pense n’a pas de valeur, explique Hélène Romano. On l’aide à comprendre pourquoi elle se sent coupable. » Un travail qui peut être involontairement entravé par l’attitude des proches. « Ils entendent parfois dire ’je t’avais dit que c’était dangereux’ ou ’on vous avait bien dit de ne pas y aller’, poursuit-elle. L’entourage peut parfois être d’une violence extrême sans s’en rendre compte. »

La culpabilité est un sentiment adapté à la situation qui peut néanmoins devenir toxique s’il se pérennise. « On veut être l’acteur de quelque chose car on a subi un drame », conclut-elle.

Des conséquences qui varient en fonction de l’individu
Les quatre premières semaines, les individus accusent ce que l’on appelle une manifestation de stress aigu, une réaction adaptée au drame vécu. On parle de pathologie seulement à partir du moment où les troubles post-traumatiques persistent au-delà. « Le traumatisme dépend de l’exposition de la personne et de ce qu’elle a vécu et vu au moment des faits », explique Hélène Romano.

« Certains font des cauchemars, font face à l’apparition de bouffées de chaleur nocturnes et ont des difficultés d’endormissement, explique à MyTF1News le psychologue spécialiste en psychotraumatologie Malik Ait-Aoudia. Le corps reste en alerte jusqu’à ce que la sécurité soit rétablie. Par peur, des individus ne vont plus sortir de chez eux et font preuve d’hypervigilance. Il y en a pour qui l’intensité est si extrême qu’ils peuvent présenter une sidération voire une aphonie post-traumatique, une agitation. »

Souvent, l’homme doit faire face à des symptômes de reviviscence, qui surgit via les facteurs sensoriels. « Des rescapés du Bataclan sont par exemple frappés de stress majeur lorsqu’ils entendent un téléphone sonner car ça leur rappelle l’attentat et les terroristes du 13 novembre », relate la docteur en psychopathologie.

Réactions différentes chez les adultes et les enfants
Pour faire face à la situation, l’enfant peut jouer la scène de l’attentat. « Ils expriment par le jeu l’intensité du stress, explique Malik Ait-Aoudia. Chez les adolescents et jeunes adultes, on peut observer dans certains cas l’apparition de conduites à risque et de l’automutilation, tels que la violence physique et verbale vis-à-vis de soi. »

Chez l’adulte, le traumatisme peut ressurgir à travers l’enfant, lorsque ce dernier atteint l’âge que le parent avait lorsqu’il a été victime d’un traumatisme.

Les professionnels demandent l’ouverture de centres psychothérapiques
Avec trois attaques les 18 derniers mois, le nombre de personnes nécessitant un suivi en centre spécialisé dans la psychotraumatologie a sensiblement augmenté. Et pour prendre en charge ces individus sur le long terme, seul le centre de victimologie de Paris propose un suivi assuré par la sécurité sociale. Pour les professionnels, il est nécessaire d’ouvrir d’autres établissements.

« Mon constat est que, au vu de l’ampleur du nombre de personnes concernées, les dispositifs de soins existants ne sont pas en mesure d’apporter des réponses adaptées à toutes les victimes, poursuit Malik Ait-Aoudia. Faute de structures de soins spécialisées en psychotraumatologie dans toutes les régions de France, beaucoup de personnes vivant en dehors de Paris rencontrent des difficultés pour accéder à des soins spécialisés. C’est une réalité à laquelle il faut apporter des réponses maintenant. Car la prise en charge psychothérapeutique précoce des victimes, permet de réduire de façon considérable les conséquences du stress post-traumatique »

Car ces victimes et ces témoins, même s’ils ne doivent pas être dans le déni, peuvent apprendre à vivre avec le traumatisme. « A ces gens-là, il faut dire que la vie continue, la vie reste possible, conclut Hélène Romano. On apprend juste à vivre avec des moments plus douloureux. »

* Hélène Romano est l’auteur de l’ouvrage « Après l’orage » aux Éditions courtes et longues

L’article en ligne : ici.

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