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Architecture intérieure cree n°371

Stéphane Malka, Le Petit Pari(s) (mai/juin 2015)

Futurologies parisiennes

Dans l’attente des résultats de l’appel à projets Réinventer Paris sur 23 sites de la capitale, retour sur les recherches hors-concours de deux architectes visionnaires. Des tours vertes du Paris Smart City 2050 de Vincent Callebaut aux abris furtifs du Petit Pari(s) de Stéphane Malka, la science fiction devient réalité.

Proche d’un appel d’offres pour promoteurs privés, la consultation Réinventer Paris lancé par l’équipe d’Anne Hidalgo ne fait pas l’unanimité, alors que les élus se félicitent d’avoir reçu plus de 800 dossiers. Selon Catherine Jacquot, présidente du Conseil national de l’ordre des architectes, la Ville de Paris se privatise en demandant aux promoteurs, le projet le plus innovant au meilleur prix. « Pour simplifier les procédures, il n’est pas question ici, d’organiser des concours d’architecture dans le cadre du code des marchés » déplore-t-elle. Après la « short-list » de 3 à 5 équipes par site - sélectionnées cet été par un jury composé d’élus parisiens et de représentants de l’administration - , viendront les ajustements des projets et négociations avec la Ville, avant la décision finale d’un jury international de spécialistes de l’urbain durant l’hiver 2015/2016. Ni Vincent Callebaut (par manque de temps), ni Stéphane Malka (par défaut de partenaire idéal) n’ont participé à cette consultation, retour sur leurs recherches prospectives à cette occasion.

Paris 205O
L’architecte belge Vincent Callebaut donne plein pouvoir au végétal dans son projet Paris Smart City 2050 mené en collaboraton avec le cabinet d’ingénieurs SETEC bâtiment. Dans le cadre d’un appel d’offres de l’Agence de l’écologie urbaine de la ville, cette proposition répond à l’horizon 2050 aux performances énergétiques des immeubles de grande hauteur (IGH) dans le contexte du Plan Climat Energie de Paris. En effet, « ce projet qui s’inscrit dans la mise en place d’une charte énergétique, précise Vincent Callebaut, fera l’objet d’une exposition lors de la prochaine COP21, conférence internationale sur le Climat qui se tiendra à Paris à partir du 11 novembre prochain. » Ses huit prototypes de tours mixtes à énergie positive, prennent en compte les contraintes futures de la capitale, visant à réduire de 75% les émissions de gaz à effet de serre d’ci à 2050. Chacune propose des concepts issus de la recherche fondamentale en laboratoire et de la recherche appliquée en industrie, explique l’architecte pour qui la transition énergétique est une opportunité de créer une nouvelle ville. « Loin des Smart Cities de Songdo en Corée ou de Masdar à Abu Dhabi construites ex-nihilo et basées principalement sur des systèmes informatiques optimisant l’utilisation des données numériques, le véritable challenge pour Paris est de trouver une solidarité énergétique tout en respectant et valorisant son tissu patrimonial. »

Tours écologiques
Deux projets de tours pour quatre tissus parisiens différents (historique, périphérique, moderne et futur) proposent plusieurs prototypes d’écosystèmes habités. Végétales, solaires et hydrodynamiques, les Mountains Towers se greffent sur les toits des immeubles de la rue de Rivoli pour bio-climatiser cet ilôt de chaleur urbain. Les Antismog Towers, photo-catalytiques et dépolluantes, font office de « corridor écologique » sur la petite ceinture de la capitale alors que les Bamboo Nest Towers maraichères aux balcons potagers s’implantent parmi les tours des années 70 du 13ème arrondissement. Sur les boulevards extérieurs du côté de la Porte des Lilas, les Honeycomb Towers greffent sur les toits des HBM des ruches de logements alvéolaires énergétiquement solidaires.

Pour Vincent Callebaut, cette ville verte ne relève pas de la science-fiction. « Malgré l’ambiguïté des Images produites, elle est issue d’une pensée rationnelle pragmatique » précise-t-il en citant par exemple, son projet de tour écologique Tao Zhu Garden, remporté face à Zaha Hadid en 2010. Actuellement en chantier à Taipei, pour une livraison fin 2016, cette luxueuse tour en cours de pré-certification du label LEED Gold, économisera l’émission de 35 tonnes de CO2, dans l’atmosphère par an. Eco-conçue selon les règles du bioclimatique, elle intègre énergies renouvelables, ventilation et l’éclairage naturels du parking comme de toutes les circulations verticales. Un autre chantier The Gate Residence va démarrer au Caire pour une livraison en 2019. Ce complexe mixte de 45 0000 m2 abritant 1000 appartements vise quant à lui à réduire de 70 % sa consommation énergétique par l’intégration d’un système de géothermie double flux, de cheminées à vents, d’une conopée solaire thermique et photovoltaïque, d’éoliennes, de vergers et de potagers communautaires sur le toit et de murs végétaux bio-filtrant les eaux grises. À suivre.

Ghettos volontaires
Tournées vers l’espace public pour s’approprier la ville, certaines propositions théoriques de l’architecte Stéphane Malka ont aussi vu le jour. Son ouvrage Le Petit Pari(s) aux éditions courtes et longues présente une quinzaine de « stratégies urbaines alternatives conçues en temps de crise et réalisables avec peu de moyens ». Elles se répartissent à travers quatre thématiques, comme une sorte de « Kamasutra des différentes positions architecturales face au patrimoine parisien : dessus, dessous, devant, dedans ». Parmi elles, l’architecte a développé la faisabilité de Pont 9, et déjà réalisé à Marseille ses abris furtifs. Défendant la rapidité d’exécution comme l’économie de ces réalisations en bâches et structures d’échafaudages, Malka propose d’installer une sorte de MJC sur le Pont Neuf à Paris. Ce projet représente selon lui, « un exemple de micro-ville nomade, s’organisant autour d’activités diverses des bureaux, galeries d’art, studios d’enregistrements, aux boutiques, cantines familiales ou boites de nuit... Sa structure composée de modules, passerelles et places publiques peut se déconstruire rapidement, s’adapter et se développer selon les configurations urbaines comme le nombre de participants ». En attendant l’éclosion de ces très chics « ghettos volontaires », Stéphane Malka a déjà installé un campement urbain furtif dans la friche de la Belle de Mai à Marseille, habillé de multiples portes un mur pignon avec la Bow House aux Pays-Bas, et étudie une station-service à Sao Paulo. Plus verts, plus moduIabIes et plus énergétiquement solidaires, ces paris du XXe siècle se projetterons peut-être à travers les réinventions de la capitale à venir.

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